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La remarquable effervescence artistique contemporaine en Acadie

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L’Acadie des Maritimes, qui comprend les provinces du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard, déborde d’artistes professionnels dans toutes les disciplines. En proportion de l’ensemble de la population, leur nombre est impressionnant. Souvent formés à l’Université de Moncton, qui a contribué depuis les années 1960 à élargir le bassin d’artistes visuels, de musiciens, d’écrivains, de comédiens et de metteurs en scène, plusieurs ont aussi bénéficié d’occasions accrues d’exprimer et de développer leur talent naturel. Ils sont aujourd’hui nombreux à suivre les traces des pionniers qui ont marqué l’imaginaire acadien, tels les chanteuses Édith Butler et Angèle Arsenault, les groupes Beausoleil Broussard et 1755, ou encore l’écrivaine Antonine Maillet qui a remporté le prestigieux prix Goncourt et créé le célèbre personnage de théâtre La Sagouine. Il faut saluer et découvrir l’originalité, le talent et le rayonnement des artistes acadiens de ces trois provinces.

 

Pour en savoir plus…

La littérature acadienne

Depuis les années 1960, qui sont une intense période de renaissance en Acadie, notamment grâce au programme Chances pour tous du gouvernement néo-brunswickois, les arts ont permis de bouleverser les idées reçues et de donner aux Acadiens un moyen de prendre leur place. C’est ainsi que la littérature acadienne prend son envol avec la fondation des Éditions d’Acadie en 1973. Depuis, de nombreux écrivains (Guy Arsenault, Herménégilde Chiasson, France Daigle, Gérald Leblanc, Dyane Léger…) ont marqué la scène littéraire et remporté plusieurs prix prestigieux. La relève actuelle aussi se porte bien : Georgette LeBlanc, poète néo-écossaise, surprend en 2006 en publiant Alma, qui remporte les prix Félix-Leclerc et Antonine-Maillet-Acadie Vie. De nombreux auteurs aujourd’hui continuent de publier une poésie contemporaine aux Éditions Perce-Neige, basées à Moncton. Les Éditions La Grande Marée de Tracadie proposent elles aussi une panoplie de textes d’auteurs acadiens, dont les romans historiques de Claude Le Bouthillier. Côté théâtre, la dramaturge Emma Haché (lauréate du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada en 2004) représente bien l’Acadie; ses pièces sont lues et jouées un peu partout. Enfin, la littérature jeunesse se porte bien grâce à Bouton d’or Acadie, une maison qui publie des albums jeunesse maintes fois primés.

Des artistes multidisciplinaires…

Herménégilde Chiasson, dont l’œuvre littéraire est bien connue, a aussi laissé sa marque grâce à ses films et à son œuvre visuelle impressionnante. L’artiste, lauréat du Prix Strabuthler 2017, a d’ailleurs monté une exposition, intitulée 50 ans-50 œuvres, à la Galerie Sans Nom du Centre culturel Aberdeen mettant en vedette l’ensemble de son œuvre en arts visuels. Plusieurs autres artistes de la relève formés en théâtre, en arts visuels ou en littérature à l’Université de Moncton ont une pratique multidisciplinaire afin de vivre de leur art : le poète Gabriel Robichaud, par exemple, joue à l’occasion dans des pièces de théâtre ; le poète Paul Bossé est aussi cinéaste ; Fredric Gary Comeau et Daniel Leblanc-Poirier sont tous deux écrivains et musiciens et se produisent souvent à Montréal.

De la tradition au « pop-rock prog » actuel : la musique en Acadie, y’en a pour tout le monde!

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Acadian violinist Dominique Dupuis

Si la culture acadienne a longtemps été reconnue pour ses rigodons et sa musique traditionnelle, elle tend de plus en plus à épouser plusieurs styles, surtout depuis les années 1990. La musique traditionnelle est toujours bien représentée avec des groupes misant sur le folklore acadien, comme Barachois et Vishtèn à l’Île-du-Prince-Édouard, Grand Dérangement en Nouvelle-Écosse et le chanteur et musicien Émile Benoît à Terre-Neuve. La tradition terre-neuvienne d’accordéonistes est encore bien vivante avec Bernard Félix, notamment. Toutefois, plusieurs genres musicaux sont également bien représentés : le country avec Cayouche, Ronald Bourgeois, Georges Belliveau et Menoncle Jason; le pop avec Roch Voisine, Jean François Breau, Marie-Jo Thério, Joseph Edgar et Caroline Savoie; le rock compte aussi ses vedettes : Lisa Leblanc, Les Hôtesses d’Hilaire ou  Zéro Degré Celsius; sans oublier le folk que représentent les Hay Babies et Joey Robin Haché, le jazz qu’interprètent Les Païens, les succès rap de Radio Radio et même le pop-rock prog des Jeunes d’Asteure!

L’effervescence de Moncton

La région du Grand Moncton, au Nouveau-Brunswick, est devenue une vibrante capitale artistique. Plusieurs festivals tels le Festival Frye, le Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA) et le festival Acadie Rock s’y déroulent chaque année. Plusieurs artistes habitent également cette région, tel le cinéaste néo-écossais Phil Comeau (qui a réalisé le premier long-métrage de fiction en Acadie, Le secret de Jérôme). Moncton abrite aussi plusieurs institutions artistiques : la compagnie de danse DansEncorps, le théâtre l’Escaouette, la maison d’édition Perce-Neige et le Centre culturel Aberdeen contribuent tous à l’effervescence artistique monctonienne. L’Université de Moncton a formé et continue de former plusieurs artistes grâce à ses départements d’arts visuels, de théâtre, de musique et de français qui assurent la relève artistique en Acadie. La Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen, située sur le campus de l’université, expose souvent les œuvres d’anciens diplômés : Yvon Gallant, Herménégilde Chiasson, Paul Édouard Bourque, Anne-Marie Sirois, et contribue à leur rayonnement. C’est aussi à Moncton que sont produites plusieurs pièces de théâtre récentes, dont la « Trilogie acadienne » du théâtre l’Escaouette (Les trois exils de Christian E., Le long voyage de Pierre-Guy B. et L’incroyable légèreté de Luc L.) qui a connu un succès pancanadien.

Clare est sur la boom!

Après le « boom » culturel de Moncton, les artistes en région revendiquent peu à peu leur place sur la scène artistique acadienne. En Nouvelle-Écosse, c’est dans la région de Clare (Baie Sainte-Marie) que ça se passe depuis une dizaine d’années. Après avoir quitté Radio Radio, l’artiste Arthur Comeau lance la Tide School, une maison de disques basée à Clare où la relève néo-écossaise peut créer. Ce sont des jeunes tels P’tit Belliveau, JonahMeltWave, Denzel Subban, Young Corleone et Juste Love Peace qui partagent avec Comeau cette passion pour la musique. Cette jeunesse proclame que « Clare est sur la boom », un peu comme si la Baie Sainte-Marie, tout d’un coup, profitait d’une vague de popularité, mais surtout de renouveau grâce à la Tide School et aux nombreux artistes émergents de la région tel le groupe Cy, qui produit un son à la fois traditionnel et contemporain. À Clare, les auteures Georgette LeBlanc et Germaine Comeau enrichissent la littérature acadienne et des cinéastes comme Phil Comeau ou encore la troupe de danse traditionnelle La Baie en Joie acquièrent une renommée internationale. La région de Clare organise aussi plusieurs festivals, dont le Festival de la parole, un festival international du conte, ainsi que le Festival de Clare-té, un événement pluridisciplinaire unique en son genre.

Le retour des régions

En plus de la Baie Sainte-Marie, d’autres régions de la Nouvelle-Écosse regorgent de talents. À Chéticamp, c’est le théâtre et l’art artisanal qui dominent : les nombreuses pièces de théâtre et les spectacles montés par Paul Gallant, ou la fabrication de tapis hookés (dont ceux d’Élisabeth LeFort) sont très populaires. À l’Isle Madame, le Centre culturel communautaire La Picasse regroupe les artistes de cette région néo-écossaise.

À l’Île-du-Prince-Édouard, les artistes sont surtout regroupés dans la région Évangéline, où est née et habitait la célèbre Angèle Arsenault. Plusieurs artistes locaux de grand talent s’y produisent régulièrement, notamment à Abram-Village. Les groupes Barachois et Vishtèn sont reconnus pour leur réinterprétation de chansons folkloriques acadiennes.

Au Nouveau-Brunswick, les régions du Nord (Péninsule acadienne, Chaleur, Restigouche et Madawaska) proposent une variété d’événements culturels, de festivals et de spectacles. Le conteur Dominique Breau, la chanteuse Sandra Le Couteur, le Festival acadien de poésie, le Théâtre populaire d’Acadie ainsi que la production de spectacles théâtraux comme Louis Mailloux, Les défricheurs d’eau et Ode à l’Acadie témoignent de la vitalité artistique de la Péninsule acadienne. Dans la région Chaleur, le Bistro Cœur d’Artishow permet à des artistes tels Pierre Guitard, Pascal Lejeune, Joey Robin Haché et Katrine Noël des Hay Babies de performer dans leur région natale. Les galeries d’art Colline d’Edmundston et Restigouche de Campbellton proposent aussi d’excellentes expositions d’œuvres d’artistes locaux.

Il se produit ainsi une revalorisation des régions en Acadie : le spectacle récent Manifeste scalène en témoigne. Cet événement littéraire rassemble trois auteurs néo-brunswickois (Jonathan Roy, Sébastien Bérubé et Gabriel Robichaud) provenant de trois régions différentes : la Péninsule acadienne, le Madawaska et le Sud-Est. Ceux-ci racontent à travers leur poésie trois versions différentes de l’Acadie.

Enfin, il ne faut pas oublier non plus l’Acadie du « Sud », la Louisiane, qui, avec Zachary Richard en musique et les auteurs Jean Arceneaux, David Chéramie et Deborah J. Clifton, qui publient aux Éditions Perce-Neige de Moncton, contribue à l’essor des arts acadiens et cajuns à l’extérieur de l’Acadie du « Nord ».

Identité et confiance

Si les artistes acadiens (ou cajuns) qui ont rayonné à l’échelle nationale et internationale dans les années 1970 et 1980, comme Édith Butler, Angèle Arsenault, Zachary Richard et Antonine Maillet, ont contribué à définir, valoriser et promouvoir l’identité acadienne, les grands noms du monde de la chanson qui les ont suivis n’ont pas tous cherché à jouer le même rôle. L’œuvre de Marie-Jo Thério, par exemple, comporte une importante dimension identitaire, mais Patsy Gallant, la reine du disco des années 1980, Roch Voisine, une grande vedette internationale dans les années 1990, ou encore Natasha St-Pier, Wilfred Le Bouthillier et Jean-François Breau, qui ont connu d’éclatants succès au début des années 2000, n’ont guère mis l’accent sur leur identité acadienne. Ils ont plutôt consolidé la confiance de l’industrie naissante et des artistes acadiens à réussir et à rayonner, pavant la voie à la diversité et au foisonnement actuels.

Une culture artistique en plein essor et diversifiée

S’il est possible d’affirmer que les arts en Acadie se portent bien, c’est surtout grâce à l’apparition d’une grande diversité de produits culturels et de modes d’expression artistique, rejoignant tous les goûts et tous les âges. Ainsi, une bande dessinée comme Acadieman de Dano LeBlanc, créée au début des années 2000 et adaptée à la télévision en 2005, a fait son entrée dans le canon littéraire acadien. Elle est même enseignée à l’université! Le jeune Néo-Écossais Chad Comeau a aussi créé un jeu vidéo éducatif, La vie d’Arcade, particulièrement réussi, qui raconte l’histoire d’un jeune Acadien et soulève en trame de fond des enjeux linguistiques, culturels et identitaires. Les artistes, émergents ou établis, s’expriment dans les grands centres et en région, de multiples façons, renouvelant constamment le discours artistique acadien. Il faut découvrir la variété de spectacles, de livres, d’expositions, de festivals et d’artistes acadiens qui enrichissent aujourd’hui la culture canadienne.

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