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Tourisme et patrimoine aux Îles-de-la-Madeleine

Dans la seconde moitié du 18e siècle, des pêcheurs acadiens s’établissent en permanence aux Îles-de-la-Madeleine. Cet archipel constitué de longues bandes de terre verdoyante bordées de plages de sable blond et de falaises de terre rouge se situe au beau milieu du golfe Saint-Laurent, entre les provinces maritimes, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador. Alors que les Madelinots sont reliés de façon régulière au reste du pays seulement depuis les années 1940, leur isolement relatif a favorisé la préservation de leur culture, de leur langue et de leurs traditions uniques. C’est aujourd’hui à bras ouverts que cette communauté chaleureuse et colorée accueille les visiteurs, heureuse de partager avec eux le lien puissant qu’elle entretient avec la musique, le conte, les arts plastiques et les arts culinaires. Si la pêche constitue toujours la base de l’économie – et les fruits de mer, le clou de la cuisine locale –, l’industrie touristique et de nouveaux produits du terroir comme la bière artisanale et les fromages fins attirent toujours plus de visiteurs et contribuent au développement de l’archipel.

 

Pour en savoir plus…

Mettre ses racines en valeur

Une part importante des attractions touristiques des Îles-de-la-Madeleine repose sur le patrimoine. Le Café de la Grave, par exemple, à Havre-Aubert, se trouve dans un ancien magasin général construit dans les années 1860. Une mobilisation citoyenne l’a sauvé de la démolition, car il se trouve au milieu du berceau du peuplement des Îles et de l’industrie de la pêche, dans le site patrimonial de la Grave. Depuis 1980, ce café-restaurant très populaire auprès des touristes présente des spectacles et des expositions variées mettant en vedette des artistes locaux. Son menu comprend des mets reflétant le patrimoine alimentaire des Îles. À Havre-Aubert, l’exposition permanente Vivre aux Îles – Vivre les Îles du Musée de la Mer propose un tour d’horizon de la culture des Madelinots : vie quotidienne, habitation, pêche et navigation, construction navale, fêtes, etc.

La Tournée des plats typiques permet aux visiteurs de déguster huit recettes traditionnelles des Îles servies dans autant d’établissements éparpillés dans l’archipel. L’événement La Folle Virée gourmande repose également sur la participation de plusieurs restaurateurs, mais elle met l’accent sur la récente évolution gastronomique de la cuisine des Îles, dont les nouveaux produits du terroir font aussi la part belle au patrimoine. La fromagerie du Pied-de-Vent, par exemple, utilise le lait de vache de race patrimoniale canadienne. La microbrasserie À l’abri de la tempête occupe une ancienne usine de transformation de poisson et n’utilise que des ingrédients locaux, notamment des algues. Quant aux entreprises agroalimentaires Le Fumoir d’Antan et le Barbocheux, la première remet au goût du jour une pratique alimentaire typique des Îles, le fumage du hareng, et la seconde distille des boissons alcoolisées traditionnelles aux Îles, une bagosse de fraises et de framboises et une autre de canneberges et de pissenlits. Quant au nom Barbocheux, il provient du verbe barbocher, typique des Îles, qui signifie aller prendre un verre de maison en maison.

Conter et raconter d’hier à aujourd’hui

Le conte est présent depuis toujours dans les traditions locales pour agrémenter les longues soirées d’hiver. Mais les Madelinots l’utilisent aujourd’hui pour faire connaître l’histoire locale aux touristes et agrémenter leur séjour. Certains sont destinés aux enfants. D’autres s’adressent aux adultes, inspirés des récits de vie des pêcheurs, des femmes et des artisans des Îles. Le conte perpétue ainsi la tradition tout en gardant vivant un patrimoine oral qui se renouvelle. Le Festival international des contes en Îles, qui se tient depuis une vingtaine d’années à la fin de la saison estivale à Cap-aux-Meules, réunit pendant une semaine des conteurs locaux et étrangers – suisses, haïtiens ou martiniquais – dans une atmosphère de fête. Le patrimoine linguistique des Madelinots est aussi mis en valeur par l’auteure Suzanne Richard, qui anime une causerie portant sur les particularismes du vocabulaire local.

Découvrir le patrimoine naturel des Îles

Les Îles-de-la-Madeleine sont aussi reconnues pour leur environnement naturel enjôleur. Depuis 2017, un circuit de randonnée pédestre appelé Entre vents et marées permet de parcourir tout l’archipel en treize étapes totalisant 225 km. Les amateurs de grands espaces peuvent ainsi profiter du paysage insulaire sous un jour nouveau, car ce circuit les amène le long des routes secondaires, sur les plages et les buttes des Îles, pour y découvrir la quiétude et la splendeur de son patrimoine naturel. Les randonneurs sont aussi invités sur l’Île d’Entrée, la seule encore habitée qui n’est pas reliée au reste de l’archipel par une route. On y trouve le Musée historique de l’Île d’Entrée qui présente l’évolution de la communauté écossaise qui s’y est installée, ainsi qu’un paysage vallonneux qui culmine à 174 mètres d’altitude, le plus haut sommet de l’archipel – judicieusement nommé Big Hill – qui offre un panorama unique sur les Îles-de-la-Madeleine.

Repères historiques

Les Micmacs fréquentaient régulièrement cet archipel qu’ils nommaient Menagoesenog, « îles balayées par le ressac ». Les pêcheurs basques, bretons et normands le fréquentaient aussi avant le passage de Jacques Cartier en 1534. Leurs installations saisonnières étaient situées dans le secteur sud de l’actuelle Île du Havre Aubert. À l’époque de la Nouvelle-France, des pêcheurs et des chasseurs de morse passent parfois l’hiver aux Îles. En 1762, l’entrepreneur Richard Gridley établit un poste permanent à Havre-Aubert et engage un groupe d’Acadiens. Mais le véritable début de la colonisation se produit en 1792, quand deux prêtres des îles Saint-Pierre-et-Miquelon, Jean-Baptiste Allain et François Lejamtel, refusent de prêter serment à la nouvelle Constitution civile du clergé, après la Révolution française. Ils regroupent quelques dizaines de familles acadiennes réfugiées à Saint-Pierre-et-Miquelon après la Déportation et trouvent refuge aux Îles-de-la-Madeleine.

Pendant près de deux siècles, le site de la Grave, à l’île du Havre Aubert, demeure le principal centre de peuplement. Les pêcheurs y débarquent, transforment, salent et font sécher leurs poissons. Des marchands de passage achètent leurs prises. Au milieu du 19e siècle, les chafauds s’entassent sur la grave. Les pêcheurs habitent le premier étage de ces constructions en bois et le rez-de-chaussée sert à la salaison du poisson, à la réparation des filets et à l’entreposage des agrès. Des magasins généraux, des salines, des ferblanteries, des comptoirs de vente de poisson et de petits entrepôts se voisinent.

En 1930, l’arrivée de la Maritime Packers, puis de la National Sea Products en 1965, avec leurs entrepôts frigorifiques, rend désuètes ces installations traditionnelles. Les pêcheries n’en demeurent pas moins le moteur économique de l’archipel, notamment grâce à la lucrative pêche au homard et à l’aquaculture de pétoncle et de moule bleue. Reliées régulièrement au continent depuis les années 1940, l’industrie du tourisme aux Îles-de-la-Madeleine connaît un essor important depuis les années 1970. Le site patrimonial de la Grave est classé en 1983 par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Les Îles-de-la-Madeleine compte un autre immeuble patrimonial classé, l’église de Saint-Pierre-de-La-Vernière ainsi que 13 immeubles patrimoniaux cités par la municipalité en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

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