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Le précieux héritage francophone de Victoria

Lorsque la Compagnie de la Baie d’Hudson construit le fort Victoria, un poste de traite de fourrures sur la pointe sud de l’île de Vancouver, en 1843, plusieurs de ses employés sont francophones. Le commandant du fort et futur gouverneur de la Colombie-Britannique, James Douglas, parle lui-même couramment le français. Lorsque le premier évêque Modeste Demers s’y installe et fait venir des sœurs de Sainte-Anne de Montréal pour y fonder une première école, en 1858, la majorité des habitants de Victoria sont francophones. La situation bascule lorsque ce modeste établissement devient la porte d’entrée de milliers de chercheurs d’or. S’il reste aujourd’hui peu de traces de cette période française à Victoria, plutôt réputée pour son cachet britannique, les découvrir au cœur du centre-ville historique n’en est que plus agréable. Il ne faut surtout pas manquer le plus important patrimoine francophone de Victoria : l’académie Sainte-Anne, un lieu historique national.

 

Pour en savoir plus…

Un patrimoine bâti typiquement canadien-français

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Portail de l’Académie Sainte-Anne de Victoria

L’académie Sainte-Anne, telle qu’on peut la visiter aujourd’hui, a été restaurée dans les années 1990 par le gouvernement de la Colombie-Britannique, qui l’a acquise en 1974, un an après que les sœurs de Sainte-Anne ont cessé d’enseigner et fermé l’établissement. Les visiteurs ont accès au parloir converti en centre d’interprétation et à la grande chapelle. Les autres sections du bâtiment ont été converties en bureaux pour le gouvernement.

L’aile est, ouverte au public, est impressionnante avec ses quatre étages, son escalier monumental et son fronton triangulaire surmonté d’un clocher. Elle a été ajoutée à l’édifice initial en 1886 et en constitue depuis la façade. L’architecte John Teague l’a dessinée dans le style que le frère Joseph Michaud, natif du Bas-Canada (le Québec actuel), avait donné au bâtiment construit en 1871. Teague s’est aussi inspiré de la maison mère des sœurs de Sainte-Anne à Lachine, au Québec. C’est pourquoi l’architecture de l’académie Sainte-Anne se démarque dans le paysage urbain de Victoria avec son style typique des établissements religieux du Québec au 19e siècle.

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L’intérieur de la chapelle de l’Académie Sainte-Anne

L’influence canadienne-française est encore plus prononcée dans la chapelle, qui est en réalité la première cathédrale catholique de la Colombie-Britannique. Le frère Michaud l’a conçue et en a dirigé la construction en 1858 sur le modèle des églises rurales du Bas-Canada. Devenue trop petite en 1886, elle a été déménagée et incorporée à la nouvelle aile de l’académie Sainte-Anne. Classée monument historique par la Colombie-Britannique, l’ancienne cathédrale inspire le recueillement par sa fraîcheur et sa simplicité. Elle est construite en bois de cèdre de l’île de Vancouver et en séquoia importé de Californie. Sa décoration polychrome, ses dorures discrètes, ses tableaux d’origine et les trois autels sculptés par le frère Michaud évoquent les modestes débuts de Victoria ainsi que la ferveur de ses premiers religieux catholiques francophones.

Le rôle clé des sœurs de Sainte-Anne et de l’évêque Demers

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Carte postale représentant l’Hôpital Saint-Joseph, vers 1910

Juste en face de l’académie Sainte-Anne se trouve l’ancien hôpital Saint-Joseph, ouvert par les sœurs de Sainte-Anne en 1876, agrandi par la suite et doté d’une école d’infirmières. Cet édifice aujourd’hui converti en logements rappelle lui aussi l’influence architecturale canadienne-française, et surtout le rôle clé joué par les sœurs de Sainte-Anne en tant que pionnières de l’éducation et des soins de santé. Le Musée royal de la Colombie-Britannique, situé à deux pas de l’académie et de l’ancien hôpital, tient lui aussi à commémorer ce rôle en exposant la maison qu’a construite Léon Morel, un employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson, à son arrivée au fort Victoria en 1850. C’est dans cette maison acquise par l’évêque Demers que les quatre premières sœurs de Sainte-Anne et leur accompagnatrice laïque ont logé et enseigné de 1858 à 1860.

Le rôle primordial des sœurs de Sainte-Anne dans les fondements de la ville de Victoria ne peut faire ombrage à celui du premier évêque du diocèse de l’île de Vancouver, Modeste Demers, nommé en 1847. Il est né à Lévis, au Bas-Canada, et œuvre comme missionnaire sur la côte ouest à compter de 1838. Nommé évêque d’un territoire essentiellement autochtone parce qu’il connaissait bien les langues indigènes et qu’il avait l’énergie des bâtisseurs, il consacre plusieurs années à trouver des ressources pour son nouveau diocèse avant de revenir à Victoria en 1852. Il devient un ami de James Douglas et tous deux collaborent au développement du poste de traite qui allait devenir la capitale de la Colombie-Britannique. Modeste Demers est enterré dans la crypte de la cathédrale Saint Andrew. Sa stèle commémorative se trouve à gauche du portail d’entrée.

D’autres traces patrimoniales au centre-ville

À l’initiative de l’Association francophone historique de Victoria et de la Greater Victoria Civic Archives Society, des briques portant le nom de pionniers de la ville ont été insérées sur la rue Government entre les rues Broughton et View. Plusieurs sont francophones, bâtisseurs canadiens-français ou métis francophones du fort Victoria, employés de la Compagnie de la Baie d’Hudson, missionnaires du Bas-Canada, de Belgique ou de France, religieuses venues de Montréal, et divers gens d’affaires ou professionnels.

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L’intérieur de la cathédrale St. Andrew, vers 1910

La seconde cathédrale catholique de Victoria, l’église Saint Andrew, est construite en 1892 d’après les plans des architectes montréalais Maurice Perrault et Albert Mesnard. Située au coin des rues View et Blanshard, où est enterré Modeste Demers, elle vaut le détour. Enfin, sur la rue Belleville, les curieux jetteront un coup d’œil à la maison Pendray, construite en 1895. Acquise par les sœurs Notre-Dame-des-Anges en 1939 pour y établir une pension pour jeunes femmes célibataires, elle abrite une magnifique salle de réception que le Club canadien-français de Victoria a longtemps louée pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste, fête nationale des Canadiens français. Une plaque commémorative posée à l’entrée du restaurant Pendray rappelle cette époque.

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