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Rocky Mountain House, explorer le patrimoine de la traite des fourrures

Le poste de traite des fourrures reconstitué de Rocky Mountain House est situé sur les rives de la rivière Saskatchewan Nord, à une centaine de kilomètres à l’est des montagnes Rocheuses. Il était le dernier poste des Prairies avant d’affronter l’obstacle des montagnes pour poursuivre sa route en direction de l’ouest. Quatre forts se sont succédé à cet endroit, qui est classé lieu historique national dès 1926 parce que le grand explorateur et cartographe David Thompson y a vécu avec quelques employés canadiens-français, métis et britanniques. Le programme d’interprétation présente l’univers autochtone des huit nations qui commerçaient à Rocky Mountain House ainsi que les conditions de vie des travailleurs d’origine européenne qui habitaient là au 19e siècle. Des ateliers de savoir-faire autochtone et métis sont offerts. Les visiteurs peuvent aussi écouter des conteurs, observer des artisans au travail, camper sur place à la manière autochtone ou métisse ou simplement visiter l’instructive exposition du centre d’accueil. Un paisible sentier parcourant cette aire naturelle protégée conduit aux vestiges des quatre forts originaux.

 

Pour en savoir plus…

David Thompson et ses compagnons francophones

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Le camp métis à Rocky Mountain House

Pour bien des Canadiens anglais, David Thompson est un héros. Cet homme infatigable et doué a parcouru, entre 1797 et 1812, la quasi-totalité du territoire canadien, laissant derrière lui un héritage cartographique considérable et un bilan respectable sur le plan commercial. Son travail consistait à développer le commerce des fourrures pour la Compagnie du Nord-Ouest, qui était basée à Montréal. Mais cette compagnie lui confia aussi quelques mandats d’exploration et de cartographie dont il s’acquitta avec brio. Un nombre important de visiteurs viennent à Rocky Mountain House spécialement pour suivre les traces de ce grand explorateur. La pièce de théâtre de marionnettes qui résume sa vie est l’une des attractions les plus populaires du site.

David Thompson a passé plusieurs mois à Rocky Mountain House entre 1801 et 1811, avant sa célèbre traversée des Rocheuses jusqu’à l’océan Pacifique, en 1811, qui inaugurait la principale voie commerciale de la traite des fourrures à travers les Rocheuses via le fleuve Columbia. Pendant ses voyages, Thompson échangeait en français avec les voyageurs canadiens-français et métis aguerris qui contribuaient à ses succès, puisque la Compagnie du Nord-Ouest engageait principalement des francophones. Il écrivit ceci à leur sujet :

« Partout, les Indiens, amis ou ennemis, parlaient des Canadiens français comme étant une race d’hommes braves dont la conduite était toujours prudente et virile. Michel Bourdeaux et Augustin Quenneville, deux de mes compagnons, étaient de ceux-là. On pouvait compter sur leur fidélité et leur parole jusqu’à la mort. Ils étaient tous reconnus comme tireurs d’élite, et c’est pourquoi, lors d’affrontements guerriers, ils devenaient toujours la première cible des Indiens qui les craignaient terriblement. »

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La forge à Rocky Mountain House

Lorsque Thompson descend une partie du fleuve Columbia pour la première fois, en 1807, et fonde le poste Kootenay House, quatre Canadiens français l’accompagnent : Moussau, Lussier, la Combe et Beaulieu – ce dernier étant qualifié d’employé loyal. Durant l’hiver 1810-1811, Joseph Côté est l’une des trois personnes qui traversent le col Athabasca et passent l’hiver avec Thompson dans une cabane rudimentaire, puis l’accompagnent jusqu’au Pacifique. Michel Boulard, que Thompson qualifie de connaisseur des affaires indiennes, ainsi que Pierre Pareil et René Valade font complètent le groupe de sept voyageurs qui accompagnent Thompson jusqu’au bout de cette expédition historique.

À Rocky Mountain House, on reconnaît le rôle central joué par les Canadiens français et les Métis francophones dans le commerce des fourrures à l’époque de Thompson, mais il faut avoir l’âme d’un explorateur pour découvrir dans les travaux récents des historiens toute l’importance de leur contribution.

Rocky Mountain House, un confluent culturel

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Groupe de Piikáni à Rocky Mountain House, 1871

À Rocky Mountain House, Parcs Canada met aussi l’accent sur la présence de nombreuses cultures différentes dans ces postes de traite fondés simultanément par la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1799 (le fort de la Compagnie de la Baie d’Hudson se nommait Acton House). Le site sera abandonné définitivement en 1875. Des francophones du Canada, des Métis francophones, des Britanniques nés au Royaume-Uni et des anglophones nés au Canada y travaillaient en même temps, dans les deux forts des compagnies rivales, où huit Premières Nations différentes y faisaient du troc, notamment pour s’y procurer des objets de fer, dont certains sont aujourd’hui exposés dans la forge du site : les Péigans, les Cris, les Gros Ventres, les Gens du Sang, les Stonies, les Pieds Noirs, les Sarsis et les Kootenays.

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Le tir de la brigade

Les expositions et les activités de Rocky Mountain House reflètent cette diversité culturelle. On y porte une attention spéciale à la nation métisse, issue des voyageurs et des commerçants de la traite des fourrures qui, dans l’Ouest, étaient tous des hommes. Plusieurs d’entre eux se sont unis à des femmes autochtones. Ces Métis partageaient entre eux un mélange de culture européenne et de culture autochtone, qu’ils se transmettaient de génération en génération. Les ateliers métis et les tentes métisses montées sur le site témoignent de cette réalité. D’autre part, la familiarité des francophones de la Compagnie du Nord-Ouest avec leurs partenaires commerciaux autochtones représente bien la culture des francophones canadiens, qui étaient notamment des experts des voyages en canots d’écorce. Ils avaient emprunté ce moyen de transport aux Autochtones. En comparaison, les lourds « York boat » utilisés par les employés d’origine britannique de la Compagnie de la Baie d’Hudson illustrent bien l’attachement des Britanniques à leur culture d’origine, même si ces embarcations les désavantageaient sur les cours d’eau du Canada par rapport aux canots d’écorce, plus légers et plus rapides, utilisés par leurs concurrents. Ces deux types d’embarcations sont exposés à Rocky Mountain House, qui possède l’avantage d’être situé dans un environnement naturel encore semblable à celui qu’ont connu ces voyageurs et commerçants de fourrures.

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