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Les francophones aux origines de Toronto, un patrimoine discret

Tout comme la présence millénaire des Autochtones sur le site de la métropole canadienne de Toronto, l’implantation des voyageurs français qui y pratiquaient le commerce des fourrures avec les Autochtones, au 18e siècle, occupe peu de place dans le patrimoine torontois. Un obélisque érigé sur l’emplacement du fort Rouillé – plus connu sous le nom de fort Toronto –, dans le parc Exhibition Place, près du centre-ville, quelques plaques historiques apposées dans le parc Étienne-Brûlé qui longe la rivière Humber, dans l’ouest de la ville, et quelques mentions de la période française dans les expositions du Lieu historique national du Fort-York résument la mise en valeur du patrimoine historique remontant à la Nouvelle-France à Toronto. L’apport de ces premiers habitants d’origine européenne au développement de cette grande ville mérite d’être rappelé.

 

Pour en savoir plus…

La rivière Humber désignée rivière du patrimoine canadien

Entre le centre-ville de Toronto et son ancienne banlieue d’Etobicoke, maintenant fusionnée à Toronto, coule la rivière Humber. En 1999, le Réseau de rivières du patrimoine canadien l’a désignée rivière du patrimoine parce que les Autochtones ont suivi ce cours d’eau pendant des millénaires pour circuler entre le lac Ontario, le lac Simcoe et la baie Georgienne, où habitaient les Hurons-Wendats. Les explorateurs et les commerçants français ont à leur tour emprunté cette voie de passage aux 17e et 18e siècles pour s’adonner au commerce des fourrures. Étienne Brûlé est le premier « Blanc » à circuler sur ce qu’on appelle aujourd’hui le Toronto Carrying Place Trail, entre la baie Georgienne et le pays des Andastes, qui habitaient au sud du lac Ontario, en 1615. L’explorateur et fondateur de la ville de Québec Samuel de Champlain avait envoyé ce jeune homme vivre au milieu des Hurons-Wendats dès 1610 pour qu’il apprenne leur langue et leurs mœurs. Étienne Brûlé est donc aujourd’hui connu comme le premier Franco-Ontarien et le parc qui s’étire le long de la rivière Humber lui est dédié.

On trouve dans ce parc Étienne-Brûlé des plaques historiques évoquant la présence de villages autochtones – les plus anciens remontant à quelques milliers d’années –, et d’autres rappelant le passage d’Étienne Brûlé et de quelques explorateurs français, ainsi que la construction de deux postes de traite des fourrures à l’époque de la Nouvelle-France.

Les forts Douville, Portneuf et Rouillé-Toronto

Même si les Français fréquentent régulièrement les Grands Lacs à compter des années 1630, ils évitent longtemps le lac Ontario qui est un territoire contrôlé par les Iroquois, qui sont ennemis des alliés autochtones des Français, et donc des Français eux-mêmes. À l’exception d’une période de paix où l’explorateur Cavelier de La Salle et le missionnaire Louis Hennepin rapportent leur rencontre avec des Iroquois établis sur l’ancien territoire huron-wendat de la rivière Humber (la rivière Kabechenong en langue autochtone), en 1675 et 1680, il faut attendre le 18e siècle pour que les Français y construisent un premier poste de traite.

En 1720, le jeune Alexandre Daigneau Douville, issu d’une famille de commerçants de fourrures, érige un modeste fort à l’endroit connu aujourd’hui sous le nom de pointe Baby (en référence à James Baby qui s’y établit en 1815), sur la rivière Humber, à environ cinq kilomètres des rives du lac Ontario. Les quelques Français qui y résident s’unissent « à la manière du pays » à des femmes autochtones. Mais le volume de fourrures est peu élevé et les Français abandonnent ce fort dix ans plus tard.

En 1749, Pierre Robineau de Portneuf dirige la construction d’un nouveau fort, plus grand, tout près de l’embouchure de la rivière Humber. Le volume de fourrures transigées est si grand qu’on planifie aussitôt la construction d’un second fort, érigé une dizaine de kilomètres plus à l’est en 1750-1751, dans le but d’intercepter le trafic autochtone en direction du poste de traite britannique établi à Oswego, sur la rive sud du lac Ontario, à quelque cinq jours de canot plus à l’est. Ce fort français de 29 mètres de côté flanqué de quatre bastions est nommé Rouillé en l’honneur du secrétaire d’État à la Marine et aux Colonies de la France, Antoine Louis Rouillé, mais il est surtout connu sous le nom de fort Toronto, une appellation dérivée d’un toponyme autochtone. Le fort Toronto sera abandonné et brûlé par les Français en 1759, lorsqu’ils se replient vers Montréal, juste avant la capitulation de la Nouvelle-France attaquée par les Britanniques. Un obélisque commémoratif a été érigé à l’emplacement de ce fort en 1887.

Le patrimoine historique francophone à Toronto

En somme, peu de traces subsistent à Toronto du rôle fondateur de ces quelques explorateurs, commerçants et militaires français des 17e et 18e siècles. Seuls quelques plaques, le périmètre du fort Rouillé qu’on a tracé sur le sol autour de l’obélisque commémoratif et les informations fournies au Fort-York rappellent leur contribution. On peut aussi considérer le nom Toronto, qu’ont d’abord utilisé les commerçants et voyageurs français de la traite des fourrures, qui partageaient la vie des Autochtones et connaissaient leur langue, comme un legs de cette période, puisque la ville coloniale britannique de York a été rebaptisée Toronto en 1834. Mentionnons enfin que Jean-Baptiste Rousseaux, fils du Montréalais Jean-Bonaventure Rousseaux qui obtint le premier permis de traite sur la rivière Humber au lendemain de la conquête britannique, a reçu et logé dans sa résidence le lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, John Grave Simcoe, et lui a servi d’interprète, lorsque ce dernier est venu conférer à York le statut de capitale du Haut-Canada, en 1793.

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