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Port-la-Joye–Fort Amherst, des vestiges lourds de sens

Le site Port-la-Joye–Fort Amherst a été désigné lieu historique national du Canada parce qu’il a joué un rôle central dans l’implantation française à l’île Saint-Jean (aujourd’hui Île-du-Prince-Édouard) à compter de 1720. Les Micmacs et les Français se réunissaient à cet endroit chaque année pour renouveler leur alliance, jusqu’à ce que les Britanniques conquièrent l’île en 1758, puis rassemblent ici 3100 Acadiens pour les déporter. C’est sur le même site, à l’entrée du havre de Charlottetown, que les Anglais ont établi leur premier poste de commandement sur l’île, le fort Amherst. De cet endroit rempli de vestiges et de souvenirs, les visiteurs ont une vue imprenable sur Charlottetown.

 

Pour en savoir plus…

Reconstituer le passé

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Plan du port et des fleuves de Port-La-Joye sur l’Isle Saint-Jean (1750–1765)

En parcourant les sentiers jalonnés de panneaux d’interprétation qui sillonnent ce grand périmètre ouvert sur la mer, le visiteur comprend facilement pourquoi les militaires ont construit un fort à cet endroit. À leur pied, l’eau profonde offrait un port sûr et bien protégé. De la pointe qui enserre le havre, comme une tenaille, ils pouvaient surveiller l’horizon, voir venir l’ennemi et protéger les habitants qui s’établissaient à l’intérieur du havre. En foulant les fondations recouvertes d’herbe du fort Amherst, construit par les Britanniques sur le même emplacement que le fort français, les visiteurs repèrent exactement la position des deux places fortes successives.

Un peu en retrait, un monument signale l’endroit où la majorité des 300 premiers colons venus de France ont construit leurs habitations en 1720. Ce monument commémore l’arrivée de Michel Haché-Gallant et de sa femme, Anne Cormier, la même année, deux Acadiens venus de Beaubassin, à la frontière des provinces actuelles du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. Quelques dizaines d’autres Acadiens choisissent de s’établir à l’île Saint-Jean à cette époque. Ces militaires, pêcheurs, agriculteurs et marins sont les premiers habitants d’origine européenne à venir vivre sur l’île. Avant eux, seuls les Autochtones de la nation micmaque habitaient Epekwitk, qui signifie « terre bercée par les vagues ».

Une communauté fragile

Ces 300 pionniers français travaillent pour la Compagnie de l’Isle Saint-Jean, propriété du comte de Saint-Pierre, qui a obtenu l’exclusivité de la pêche sur l’île à condition d’y établir une colonie. Mais l’entreprise n’est pas rentable et plusieurs Français regagnent la mère-patrie. Les personnes qui demeurent sur l’île sont en majorité des Acadiens, en plus de quelques Français d’origine.

Cette petite communauté de quelques centaines d’habitants est sous l’autorité du gouverneur qui habite Louisbourg, sur l’île Royale (île du Cap-Breton actuelle). Or, jamais l’objectif initial, qui était d’approvisionner cette ville-forteresse en nourriture, ne sera atteint, car l’agriculture et les pêcheries de l’île Saint-Jean suffisent à peine à nourrir la population locale. La vie est précaire à l’île Saint-Jean.

La situation empire en 1745 quand Louisbourg tombe aux mains des Britanniques. Un détachement se rend à l’île Saint-Jean et incendie le fort et les habitations. La population française doit quitter l’île. Puis les Français rétablissent Port-la-Joye en 1748 à la faveur d’un traité de paix survenu entre la France et l’Angleterre. Mais tout le territoire atlantique demeure sous tension, au point où la population de l’île passe de 735 à quelque 3000 personnes entre 1748 et 1754. C’est qu’un grand nombre d’Acadiens ont abandonné leurs terres ancestrales de l’Acadie pour échapper à la menace de représailles de la part des Britanniques, qui contrôlent ce territoire depuis 1713, et se réfugier à l’île. Mais peine perdue. Louisbourg et l’île Royale, l’île Saint-Jean et la Nouvelle-France tombent définitivement aux mains des Britanniques entre 1758 et 1760.

Monument commémorant la Déportation

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Croix de la déportation des Acadiens à Port-la-Joye

Sur le site de Port-la-Joye–Fort Amherst, un monument érigé en 2008 commémore la Déportation de 3100 civils, pour la plupart acadiens, rassemblés par les Britanniques à cet endroit en 1758, puis embarqués sur des navires à destination de la France. Plus de la moitié d’entre eux vont mourir en mer ou peu de temps après leur arrivée. Les Britanniques établissent leur gouvernement sur le site de Port-la-Joye, qu’ils renomment fort Amherst. Ils y resteront jusqu’en 1768, puis déplaceront la garnison et le gouvernement à Charlottetown, qui est toujours la capitale de l’Île-du-Prince-Édouard.

À leur arrivée, les troupes britanniques ont systématiquement « nettoyé » l’île des Acadiens qui l’habitaient. Mais un peu plus d’un millier d’entre eux ont réussi à fuir l’île avant d’être capturés. Les quelque 200 d’entre eux qui sont revenus s’y établir après 1764, avec l’autorisation des Britanniques, sont les ancêtres de la majorité des Acadiens qui peuplent aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard.

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