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Le Vieux-Séminaire de Québec, un trésor culturel et patrimonial

Au cœur du quartier historique de la capitale québécoise, les bâtiments du Vieux-Séminaire de Québec construits entre 1675 et 1868 illustrent à merveille les racines françaises du Canada. Cette institution fondée par le premier évêque canadien, Mgr Laval, qui avait pour but initial de former le clergé catholique, s’est démultipliée au fil du temps. Elle a donné naissance à un collège d’enseignement classique, à la première université française en Amérique du Nord – l’Université Laval –, à un musée et à un centre d’archives. Au final, le Séminaire de Québec s’est transformé en une formidable ressource en patrimoine culturel, historique, institutionnel, architectural et archéologique, tout en demeurant bien vivant puisqu’une institution d’enseignement secondaire et que l’École d’architecture de l’Université Laval y forment toujours des étudiants. Son héritage le plus visible est son splendide ensemble architectural que les visiteurs peuvent admirer depuis sa cour carrée, ou explorer plus en détail en profitant de la visite guidée offerte par le Musée de l’Amérique francophone.

 

Pour en savoir plus…

Un patrimoine bâti exceptionnel

La Commission des lieux et monuments historiques du Canada a reconnu le Vieux-Séminaire de Québec comme lieu historique d’importance nationale dès 1929. L’aile de la Procure, l’aile des Parloirs et l’aile de la Congrégation – les trois principaux bâtiments qui entourent la cour carrée – sont des immeubles patrimoniaux classés depuis 1968 par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Il serait trop long de décrire l’évolution de cet ensemble d’une grande homogénéité architecturale au fil de ses nombreux agrandissements, incendies et reconstructions. Mais il faut souligner la rigoureuse continuité stylistique depuis la construction de son premier élément de quatre étages en 1675. Le plan du Vieux-Séminaire de Québec s’apparente à ceux des couvents et des collèges français du 17e siècle, avec ses ailes peu profondes disposées en quadrilatère autour d’une cour intérieure carrée, à laquelle on accède par une porte cochère. Ces bâtiments de quatre à six étages rappellent aussi l’architecture urbaine canadienne d’inspiration française, avec ses murs enduits de crépi blanc, ses esses de soutien, sa toiture en tôle à deux versants et ses murs coupe-feu surélevés abritant des cheminées massives.

Les cuisines de Mgr Laval auxquelles les visiteurs ont accès lors du tour guidé offert par le Musée de l’Amérique francophone se trouvent dans les fondations originales de l’aile de la Procure érigée entre 1678 et 1681. Le cadran solaire installé au-dessus de sa porte d’entrée date de 1773. Les visiteurs ont aussi accès à la chapelle privée que Mgr Briand a fait aménager dans cette aile en 1785, dotée de magnifiques retables, de lambris et de boiseries sculptés par le menuisier Pierre Émond.

Depuis 2006, une fois la nuit tombée, une mise en lumière souligne la beauté de ces bâtiments historiques.

Dépositaire de la mémoire

Les archives du Séminaire de Québec, qui remontent aux premières décennies de la Nouvelle-France, sont si riches qu’elles sont inscrites depuis 2007 au prestigieux registre du programme Mémoire du monde de l’UNESCO. Elles constituent une source exceptionnelle d’information sur l’évolution historique du Québec et même de l’Amérique du Nord puisque ces archives concernent l’évangélisation et la prestation de services religieux et laïcs (en éducation et en soins de santé) dispensés aux habitants francophones et autochtones établis dans le diocèse de Québec, cet immense territoire qui s’étendait de l’Acadie jusqu’aux Prairies canadiennes et au golfe du Mexique jusqu’en 1836.

Les collections rassemblées par les prêtres du Séminaire ont également servi de fondement à certains des premiers musées du Québec au 19e siècle. Plus récemment, le Musée du Séminaire créé au début des années 1980 (devenu le Musée de l’Amérique francophone) a permis de mettre en valeur ces collections variées qui comprennent, entre autres, une momie égyptienne et de précieux objets japonais. Comme le Séminaire de Québec est aussi l’institution fondatrice de l’Université Laval, en 1852, celui-ci possède des objets qui illustrent l’évolution de l’enseignement supérieur au Québec.

Sur le plan archéologique, le Séminaire a fait fouiller la maison de Guillaume Couillard et Guillemette Hébert située dans la cour carrée, dans laquelle le Petit Séminaire a ouvert ses portes en 1668. Il s’agit de la plus vieille résidence privée de la Nouvelle-France, construite vers 1625. Son emplacement est indiqué par un tracé de couleur claire sur le sol de la cour carrée.

Résumé historique

François de Montmorency-Laval fonde le Séminaire de Québec en 1663 afin de former les prêtres de la Nouvelle-France. Cet homme de pouvoir issu d’une famille de haute noblesse française, à la fois très pieux et très pragmatique, arrive à Québec en 1659. Il établit dès le départ son Séminaire sur une base financière solide, notamment en acquérant le terrain et la maison très bien placés du couple Couillard-Guillemette en 1668. Les séminaristes suivent leur formation au Collège des Jésuites, immédiatement voisin, et logent au Séminaire. Dès 1675, Laval fait construire un grand bâtiment de pierre de quatre étages pour remplacer la maison Couillard. Trois ans plus tard, il entreprend la construction de l’aile de la Procure, beaucoup plus grande. Le Séminaire sert alors de résidence aux prêtres qui desservent toute la colonie, comme des missionnaires, sans être assignés à une cure fixe. Il sert donc de résidence temporaire et de quartier général aux prêtres en fonction tout autant que de résidence aux prêtres encore en formation.

En 1692, Mgr de Saint-Vallier remplace Laval comme évêque et modifie le rôle du Séminaire de Québec. Désormais, l’établissement ne sera plus responsable que de la formation des prêtres. Malgré ce recul, la construction de l’aile des Parloirs commence la même année, encore plus spacieuse que les précédentes, avec chapelle intérieure. Puis, coup sur coup, en 1701 et 1705, deux incendies majeurs détruisent une bonne partie du Séminaire, qui est aussitôt reconstruit presque à l’identique. En 1708, lors du décès de Laval, pour qui le Séminaire est l’œuvre d’une vie, les bâtiments ont déjà retrouvé leur importance.

La forme actuelle de l’ensemble, avec ses quatre ailes entourant une cour carrée, est achevée à l’époque de la Nouvelle-France. En 1765, après la conquête britannique et l’expulsion des Jésuites, le Séminaire de Québec prend la relève du Collège des Jésuites dans l’enseignement du cours classique. On donne encore aujourd’hui le cours secondaire dans des locaux adjacents. L’École d’architecture de l’Université Laval occupe une grande partie du Vieux-Séminaire depuis 1988. L’ensemble est situé dans le site patrimonial du Vieux-Québec, déclaré par le gouvernement du Québec.

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