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Le rêve des communautés rurales francophones du sud de la Saskatchewan

À Willow Bunch et à Saint-Victor, deux villages voisins situés à 190 km au sud-ouest de Regina, le souvenir du temps où les francophones rêvaient de créer une grande région française au milieu des plaines fertiles de la Saskatchewan subsiste dans trois musées locaux. Celui de Willow Bunch (autrefois Talle-de-Saules), fondé en 1972, est situé dans l’ancien couvent des Sœurs de la Croix, construit en 1914. Son sujet vedette est le géant Beaupré, né dans cette localité en 1881. À Saint-Victor, on peut visiter la maison du Métis francophone Alexandre McGillis, qui a beaucoup contribué à la formation du village au tournant du 20e siècle. Le musée Le Beau, aménagé dans l’ancienne église de Saint-Victor, souligne principalement le rôle des prêtres colonisateurs. Depuis 2008, les Campagne, une famille bien connue de chanteurs et musiciens native de Willow Bunch, accueillent les participants au Festival Terre Ferme sur leur terre ancestrale, située près du village. Cet événement de plus en plus couru met en valeur la culture fransaskoise, la musique et l’agriculture biologique.

 

Pour en savoir plus…

Cultiver la présence francophone en région rurale

Près des deux tiers de tous les Fransaskois vivent dans les trois principales villes de la Saskatchewan : Regina, Saskatoon et Prince Albert. Or, dans les régions rurales du sud de la province, il fut un temps où quelques communautés francophones étaient solidement implantées, plusieurs Canadiens français ayant rejoint au début du 20e siècle les pionniers métis qui s’y étaient établis dans les années 1870 et 1880.

Vers 1925, des municipalités comme Gravelbourg, Willow Bunch, Saint-Victor, Ponteix, Laflèche et quelques autres comptaient des communautés francophones majoritaires. Dans bien des cas, avec le temps, leurs membres se sont mêlés aux voisins d’origines diverses et ont adopté l’anglais comme langue commune, de sorte que l’héritage de cette période de colonisation francophone est aujourd’hui assez limité.

Gravelbourg, qui était le centre de la francophonie saskatchewanaise dans la première moitié du 20e siècle, est demeurée la municipalité rurale la plus francophone de la province. Willow Bunch a son musée qui rappelle en une dizaine d’expositions des personnages francophones marquants des environs, tel l’homme d’affaires québécois Jean-Louis Légaré, qui a fondé un poste de traite à cet endroit en 1871. Légaré, qui a marié une Métisse de la région, a notamment servi de médiateur entre les autorités canadiennes et les Sioux dirigés par le chef Sitting Bull, lorsqu’ils se sont réfugiés au Canada entre 1876 et 1881, après la bataille de Little Bighorn. L’exposition consacrée au géant Édouard Beaupré, dont la tumeur à l’hypophyse entraînait une croissance excessive – il mesurait plus de 2,5 m (8 pi 3 po) –, comprend une statue grandeur nature, son lit original long de neuf pieds, des effets personnels et plusieurs photos. L’exposition consacrée aux Sœurs de la Croix qui ont enseigné au village est présentée dans la chapelle originale du couvent. Le musée Le Beau, situé sur la rue principale du petit village de Saint-Victor, dans l’église datant de 1914, se concentre sur la création de la paroisse et présente plusieurs objets religieux utilisés par les premiers prêtres francophones du diocèse. En saison estivale, des visites guidées bilingues sont offertes sur demande. À Ponteix, la culture francophone se transmet à la jeune génération par l’entremise de l’école Boréale et du Centre culturel Royer. À Val-Marie, petit village situé aux portes du parc national des Prairies, il est fait mention de la présence francophone dans une exposition locale.

Presque la terre promise

Au tournant du 20e siècle, le gouvernement du Canada distribuait gratuitement des terres aux nouveaux arrivants afin de peupler les prairies canadiennes, qui étaient auparavant habitées exclusivement par les peuples autochtones. Comme ces régions avaient été fréquentées de façon précoce, puis colonisées par des Métis francophones et des Canadiens français, l’Église catholique désirait continuer d’assurer une présence francophone et catholique dans les Prairies, alors qu’affluait un grand nombre d’immigrants britanniques, américains et de diverses autres origines.

C’est dans ce contexte que des prêtres colonisateurs ont joué un rôle central pour recruter de nouveaux colons et les regrouper en communautés rurales relativement homogènes. L’abbé Louis-Pierre Gravel fut l’un des plus actifs, provoquant la formation des villages de Gravelbourg, de Ponteix et de Laflèche. Willow Bunch et Saint-Victor se sont aussi peuplés de colons canadiens-français à la faveur de ce mouvement amorcé et soutenu par l’Église.

La brochure de promotion de la vie rurale Une paroisse d’avenir : Laflèche, Saskatchewan, publiée par la Compagnie canadienne de colonisation en 1915, donne une bonne idée des arguments avancés pour convaincre les francophones de s’établir dans les Prairies.

« L’avenir est aux pays neufs. […] Ici, nous ne connaissons pas un seul fermier qui ait manqué une belle récolte sur un terrain bien travaillé. […] Ceux que la Providence dirigera vers Laflèche n’ont rien à craindre. Ils seront ici dans une place canadienne-française. Ils pourront faire leurs affaires en français et entendront partout parler leur langue maternelle. [D’ailleurs,] autour de Laflèche se trouvent d’autres paroisses francophones, telles que Gravelbourg, Meyronne, Ponteix, Assiniboia, Willow Bunch ; la région tout entière est destinée à devenir française et à former le château de l’influence française en Saskatchewan », écrit le curé de Laflèche, Émile Dubois.

La première terre de Laflèche fut concédée à Joseph Morasse du comté de Portneuf, au Québec, en 1905. Le village de Laflèche est incorporé en 1913 et, deux ans plus tard, sur les 410 habitants, 325 sont canadiens-français. Cent ans plus tard, en 2016, il ne restait plus que 25 personnes bilingues (anglais-français) sur un total de 370 habitants à Laflèche, qui est toujours une communauté essentiellement agricole. Il n’existe pour l’instant aucun projet de mise en valeur du patrimoine francophone à Laflèche.

L’activité francophone la plus vibrante de cette région est actuellement le Festival Terre Ferme que la famille Campagne organise chaque été à Willow Bunch depuis 2008.

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